
Se mettre à la place de l’autre ?
I- Présupposés de la question
Cette question présuppose deux ou trois choses. Le premier présupposé implique que l’autre possède une place. Le second, qu’il est potentiellement possible de se mettre à la place de l’autre. Plus subtil encore, le troisième engage l’idée qu’il existerait une entité qui se constituerait comme autre et que cet autre à pour propriété d’être non-moi. Et ce non-moi est « placé » en un « autre » endroit que celui où je mobilise mon corps et mon âme. Sans cela, cela va de soi, nulle possibilité de le rejoindre où il est.
On entend bien que le terme « place » peut définir une situation géographique réelle, Haïti par exemple, ou une contrée plus subjective : ma place d’handicapé, ma place de « mélancolique ».
Le mot « place » au singulier engage une position stable, que le sujet sache où il est, et mieux que l’ubiquité ne semble pas possible : ma place est là et non ailleurs : en un seul lieu et, pourquoi pas, en un seul état. Le présupposé essentiel de cette question qui se formule en demande, « mets-toi à ma place », se présente comme une des formes les plus demandées de l’empathie : « je me mets à ta place, cela ne doit pas être facile ». Essayez, vous verrez que se mettre à la place de l’autre vaut bénédiction morale.
II- Les types de caractère
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